Covid-19 : Des scientifiques appellent à surveiller davantage le variant Mu

Selon une récente étude japonaise, le variant Mu du Covid-19 doit faire l’objet d’une surveillance plus importante qu’elle ne l’est actuellement. Pour les chercheurs, il représente une « menace majeure » en raison de sa forte résistance aux anticorps.

Découvert en Colombie en janvier 2021, le variant Mu n’avait fait parler de lui que le 31 août, date à laquelle l’OMS avait classé ce variant du Covid-19 comme « à suivre ».

Fin septembre Santé Publique France indiquait alors n’avoir que très peu d’informations à son sujet indiquant que « la compétitivité relative de Mu vis-à-vis de Delta demeurait inconnue » et qu' »aucune donnée sur l’impact de ce variant en termes de sévérité n’était disponible à ce jour ». Mais aujourd’hui, il revient en force après la publication d’une récente étude japonaise sur sa dangerosité.

10 fois plus résistant

Bien que très peu présent en Europe, les scientifiques appellent, ce mercredi 3 novembre dans une revue scientifique britannique, à plus de surveillance de ce variant.

Comme les chercheurs japonais le rappellent, « Mu a été le variant le plus présent en Colombie en mai et a entraîné une flambée de l’épidémie dans le pays entre mars et juillet », particulièrement inquiétant en raison de son risque d' »échappement immunitaire », c’est-à-dire une résistance aux vaccins, il ne s’est toutefois pas diffusé davantage. Aujourd’hui encore, il est le variant dominant dans le pays comme le montre le graphique ci-dessous.

Le variant Mu, majoritaire en Colombie

Pour évaluer la sensibilité du variant Mu aux anticorps induits après une infection au Covid-19 les chercheurs ont mené plusieurs tests afin d’établir le niveau de dangerosité du virus.

Et d’en dégager un constat préoccupant :  « à l’aide d’échantillons de sérum obtenus de 13 personnes qui s’étaient rétablies du Covid-19 et qui avaient été infectées au début de la pandémie (d’avril à septembre 2020), les résultats ont montré que le variant mu était 10,6 fois plus résistant à la neutralisation que le virus de la lignée B.1 (virus parental), qui porte la mutation D614G », c’est-à-dire le variant qui est le plus commun aujourd’hui.

Pour les personnes vaccinées avec le sérum de Pfizer même constat, Mu est « 9,1 fois plus résistant que le virus parental ».

La figure B représente les échantillons après une convalescence naturelle, la C avec le vaccin Pfizer.
La figure B représente les échantillons après une convalescence naturelle, la C avec le vaccin Pfizer. NEJM

Une surveillance plus poussée

Face à la « menace majeure » que représentent ces infections à cause des nouveaux variants, l’équipe de chercheurs japonais suggère « qu’une caractérisation et une surveillance plus poussées de ce variant d’intérêt sont justifiées ».

Source : www.midilibre.fr