Présidentielle en France : Eric Zemmour officiellement candidat

Le candidat tiendra son premier meeting de campagne dimanche 6 décembre, au Zénith de Paris.

Le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour a officialisé, mardi 30 novembre, sa candidature à la présidentielle. « J’ai décidé de me présenter à l’élection présidentielle », a-t-il annoncé dans une vidéo au ton dramatique, lisant un texte derrière un micro des années 1940, dans une attitude qui rappelait l’appel 18-Juin du général de Gaulle. Dans cette vidéo qui comptait 1,2 million de vues mardi en début de soirée, l’ancien éditorialiste de CNews et du Figaro s’est adressé aux Français « exilés de l’intérieur », ceux qui « se sentent étrangers » dans leur « propre pays ».

Condamné à deux reprises par le passé pour « provocation à la haine raciale », Eric Zemmour se présente pour « sauver » la France « en train de disparaître », « pour que nos filles ne soient pas voilées et que nos fils ne soient pas soumis » et pour que les Français « se sentent de nouveau chez eux ».

Des menaces de poursuites après l’utilisation d’extraits vidéos

Rythmée par le 2e mouvement de la 7e symphonie de Beethoven, la vidéo aux accents nostalgiques, enregistrée il y a deux semaines et diffusée immédiatement sur les réseaux sociaux, mêle scènes de violences urbaines, archives du « pays de Notre-Dame-de-Paris et des clochers », du Concorde, de l’Arc de Triomphe ou extraits de films. Le distributeur de cinéma Gaumont et plusieurs médias ont aussitôt dénoncé l’utilisation d’images sans leur accord. Ils réclament le retrait des extraits et envisagent des poursuites, quand le camp Zemmour invoque le « droit de courte citation ». Le candidat a balayé « des querelles de juristes ».

Eric Zemmour a ensuite accordé un entretien au journal de 20 heures de TF1, lundi soir. Il est apparu tendu face à son intervieweur Gilles Bouleau, à qui il a reproché en fin d’entretien de ne pas l’avoir interrogé sur son projet. A sa sortie du plateau, il s’est emporté contre le journaliste, dénonçant « une interview d’un procureur » et « une escroquerie intellectuelle ».

L’annonce de la candidature d’Eric Zemmour est venue conclure une pré-campagne agitée, marquée par une percée fulgurante dans les sondages suivie d’un recul ces derniers jours. Eric Zemmour tiendra son premier meeting de campagne dimanche 6 décembre, au Zénith de Paris. La CGT, Solidaires et des militants antifascistes ont déjà promis de manifester pour faire « taire Zemmour ». Le conseil municipal du XIXe arrondissement de Paris, où se trouve le Zénith, s’est également inquiété auprès du préfet d’un « risque de trouble à l’ordre public ».